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| 09 Roumengoux |
A la mort de Moïse, les anges sont présents, Dieu Lui-même prend soin de son sépulcre, les tentes sont dressées, on ne se soucie plus du chemin qu’il reste à parcourir, on prolonge l’horrible séjour dans le désert, on décrète trente jours de deuil, et les funérailles de l’esclave sont honorées par un long tribut de lamentations. Et le Christ, seul vrai Seigneur, Créateur des êtres, Rédempteur de tous, ne mériterait pas que ses disciples Le pleurent pendant trois jours après sa passion tragique, après sa mort, et la mort de la croix ? La terre tremble, le tartare se trouble, les pierres se fendent, les monuments s’effondrent, le sol se dérobe sous les pieds, le jour est enseveli, la nuit devient tout, et les disciples, sur un lit de table demi-circulaire élevé, tout entiers à la joie et à l’oisiveté, sécurisés par les plaisirs de la table, festoieraient ? Et c’est cela, mes frères, que le Maître trouverait en revenant de l’enfer ? Le Seigneur apparut aux onze pendant qu’ils prenaient leur repas, et Il leur reprocha leur incrédulité et la dureté de leur cœur, parce qu’ils ne croyaient pas à ceux qui avaient vu qu’Il était ressuscité. Que dirons-nous de cela ? Pierre le fidèle, Pierre le zélé ?Étaient-ils couchés sur un lit de table pour prendre un repas ? Mes frères, cela n’était pas être couchés pour manger, mais être étendus de langueur ! Ce n’était pas un chœur de réjouissances, mais un groupe de pleureurs. Ici, on ne mangeait pas le pain de la joie mais des larmes. Ce n’était pas avec la douceur du vin qu’on faisait les mélanges dans les coupes, mais avec le fiel de la croix. Ils avaient verrouillé toutes les portes par crainte des Juifs. S’ils craignaient, s’ils s’étaient barricadés, ils ne festoyaient sûrement pas. Et s’ils ne pouvaient pas prendre de repas, ils n’étaient pas dans une maison, mais dans une prison. Ce n’était pas une forteresse mais un sépulcre.Toute la punition qu’il y avait à subir pour la passion du Seigneur s’était concentrée sur les disciples. Et non seulement dans leurs côtés, mais dans leurs cœurs, la lance de la douleur s’était fichée. Leurs mains et leurs pieds étaient fixés aux clous de la tristesse. C’est alors que l’amertume judaïque leur présentait le vinaigre et le fiel. C’est alors que pour eux le soleil se couchait et le jour fuyait. C’est alors que la nuit ténébreuse possédait leurs esprits et leurs âmes. C’est alors qu’une dernière tentation les projetait sur les écueils de la perfidie, et les entraînait dans le naufrage des pensées de foi.Saint Pierre Chrysologue
83ème Sermon de Saint Pierre Chrysologue
(neuvième manifestation, faite aux onze disciples pendant qu’ils prenaient leur repas)
Traduction française originale
de tous les sermons de Saint Pierre Chrysologue par JesusMarie.com, août 2014
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