Une jeunesse de Cœur furieusement ardent
68 Kientzheim Une heure vient, dans la paix, dans la guerre, où les hommes saouls de malheur se lèvent et demandent un chef. Mais où est le chef à qui vouer non seulement ses forces, mais son esprit ; mais la destinée de son être ? Au Christ, nous pouvons remettre notre esprit, parce qu'il est l'esprit même qui doit orienter le monde. Notre roi : celui qu'ils ont couronné d'une branche d'épine ; celui auquel ils ont mis un sceptre de roseau entre les doigts ; celui devant qui ils ont fléchi le genou en ricanant. Et qu'ils ont dérisoirement couvert d'un manteau de pourpre avant de le hisser sur la croix, tiré à trois clous. Le roi dont la grandeur est d'un tel ordre que les grandeurs terrestres et les bassesses terrestres sont devant elle pareillement égales au néant. « Jésus, sachant qu'ils viendraient l'enlever pour le faire roi, se retira seul, plus loin, sur la montagne. » Seul, plus loin, sur la montagne. Si pourtant une jeune...