Croix, Caudecoste (Lot-et-Garonne)—La Croix qui élève, selon St Cyrille ✎
| 47 Caudecoste |
« Nos ad ima Baratri depressos Crux sancta subvexit ad astra » — « Nous qui étions précipités au fond de l'abîme, la sainte Croix nous a élevés jusqu'aux astres. » Cette sentence, on la lit en manchette de La Sepmaine d'argent d'Abel d'Argent (1629), ce grand poème de la Restauration du monde dédié au prince de Sedan ; le poète l'attribue à saint Cyrille d'Alexandrie commentant l'Évangile de Jean.
Elle dit en une image le cœur même de la théologie cyrillienne : le Verbe descend dans notre mort pour élever notre nature dans sa gloire. Car chez Cyrille, la Croix est élévation — au double sens du verbe johannique : « Quand j'aurai été élevé de terre, j'attirerai à moi tous les hommes » (Jn 12, 32). Le Christ, écrit-il, fut élevé de la terre en montant sur la Croix pour nous ; il fut élevé encore d'une autre manière, vers l'honneur et la gloire qui conviennent à Dieu. Et ce bois de supplice devient le lieu d'un retournement : la mort du Seigneur, préparée comme un piège tendu à la puissance de la mort, se fait source de vie nouvelle. C'est tout le sens de l'autre parole que la même page ancienne accole à la première, empruntée cette fois à saint Hilaire : Crux, mors, inferi, vita nostra sunt — la Croix, la mort, les enfers sont notre vie.
Abel d'Argent. La Sepmaine d'argent, contenant l'histoire de la seconde création, ou Restauration du monde, p. 157.
Commentaires
Enregistrer un commentaire
"Ce blog enrichit-il votre regard sur ce patrimoine ? Dites-le nous."