Croix de Saint-Arroman (Gers) : coopérer avec le Christ au salut des âmes ✎
| 32 Saint-Arroman |
MÉDITATION POUR LE MATIN
Adorons Jésus-Christ en croix, nous conjurant de Lui aider à sauver les âmes pour lesquelles il est mort. Bénissons-le de nous admettre à L'aider dans une œuvre si grande, si divine, et offrons-lui de grand cœur tout notre concours.
PREMIER POINT
Travailler à sauver des âmes est une œuvre toute divine.
Retirer une âme du péché et la gagner à Dieu, c'est plus que de rendre la liberté à des provinces entières, c'est plus que de conquérir l'univers : c'est une œuvre essentiellement divine, c'est l'œuvre de Jésus-Christ, qui n'est venu du ciel en terre que pour cela.
Pour l'opérer, il en a fait deux parts : l'une pour lui, l'autre pour nous. Pour sa part, il est monté sur la croix et y a dépensé tout son sang ; là, il a fermé l'enfer, ouvert le ciel, mérité au monde la foi pour connaître la vérité, la grâce pour faire le bien, et a institué les sacrements pour communiquer à tous les hommes les fruits de sa mort. Quant à l'autre part, il l'a réservée aux hommes, qu'il a appelés ainsi à l'insigne honneur d'être ses aides, ses coopérateurs, les sauveurs du monde de moitié avec lui.
Le sang versé à la croix peut sauver le monde, mais ce ne sera qu'autant que d'autres hommes en feront sentir la valeur aux fidèles et leur en appliqueront les mérites. Par lui, le ciel est devenu accessible à tous, mais ils n'y entreront qu'autant que d'autres hommes leur en montreront la voie et leur en ouvriront les portes. Par lui, la foi a été apportée à la terre, mais ce présent ne sera utile qu'autant que d'autres hommes l'enseigneront à ceux qui l'ignorent. Par lui, la grâce a été donnée au monde pour faire le bien, mais le bien ne se fera qu'autant que d'autres hommes donneront la doctrine pour le faire connaître, l'exhortation pour le faire aimer. Les sacrements sont un trésor inépuisable de richesses et de biens spirituels, mais ce trésor ne profitera au monde qu'autant que d'autres hommes détermineront les pécheurs à les recevoir.
C'est ainsi que l'homme a été établi l'aide et le coadjuteur de Jésus-Christ dans la grande œuvre du salut. Quelle gloire pour nous ! Et Dieu pouvait-il nous faire un plus grand honneur ? C'est à nous à l'apprécier, à nous en montrer dignes, en saisissant tous les moyens de travailler au salut de nos frères et de porter leurs cœurs à Dieu.
André-Jean-Marie Hamon. Méditations à l'usage du clergé et des fidèles pour tous les jours de l'année, tome 3, p. 284.
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