Oratoire et Croix à Biarne (Jura) — Marie, étoile de la mer

Un oratoire à Biarne. Une méditation poétique sur Marie, Étoile de la mer, Stella Maris, et une métaphore filée de sa puissance pour voler au secours des chrétiens, ses enfants.
39 Biarne
Plus elle voit de près le cœur du Roi Tout-Puissant, plus la grâce de la miséricorde divine l'anime à secourir les affligés et les malheureux. Aussi, par un conseil particulier de la Providence, elle a reçu le nom de Marie, qui veut dire « étoile de la mer », afin que son nom exprimât ce que sa conduite montre dans la réalité. Depuis qu'elle est montée au ciel pour y régner avec son Fils, revêtue de beauté et armée de force, par un seul clin d'œil elle peut apaiser les flots soulevés de la mer. Elle délivre de l'impétuosité des vents et de la violence de la tempête ceux qui naviguent sur la mer du siècle et qui l'invoquent avec une pleine confiance, et elle les conduit heureusement au port de la céleste patrie. Nul ne saurait dire, mes chers auditeurs, combien de ces infortunés se seraient brisés contre les écueils, combien seraient tombés pour toujours dans les syrtes horribles ou dans les gouffres béants de Scylla, combien se seraient égarés en suivant le chant trompeur des Sirènes, si l'étoile de la mer ne leur avait prêté son puissant appui ; si, au moment où leur gouvernail était brisé, leur vaisseau fracassé, où tout secours humain leur manquait, la Vierge Marie ne les eût, par la grâce céleste, conduits au port de la paix éternelle. Au milieu de ces nouveaux triomphes, entourée des malheureux qu'elle a sauvés et des peuples qu'elle protège, elle rend grâces au Seigneur ; et, non contente de ces victoires, toujours plus zélée pour le salut des hommes, elle poursuit au loin l'ennemi infernal et se charge toujours de nouvelles dépouilles. Douée d'une main puissante, d'un bras invincible, elle envahit le territoire des tyrans, elle attaque les forteresses des démons, fait trembler l'enfer sous ses pas et met en fuite le prince de la mort, glacé de terreur. Elle force Béhémoth à rendre la proie qu'il dévorait et change ainsi son triomphe en douloureuse ignominie. Ceux qui étaient tombés se relèvent, les pécheurs font pénitence. Le méchant la verra et sera transporté de fureur. Sa mâchoire percée par l'hameçon de la croix rend à la liberté les captifs qu'elle engloutissait ; il grincera des dents, il séchera de rage. Ceux qui ont été ainsi rendus à la vie et arrachés à la mort, la mère les réconcilie avec son Fils, la Vierge avec Dieu…

Saint Amédée, évêque de Lausanne 
 Romont, Mamens Soussens Ed. 1866 pp. 257s

 

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