Il prévoyait que sa mort serait le salut du monde ✎
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| 68 Rouffach |
Mais autant que cette première croix eut de charmes pour lui, autant a-t-il d’horreur de celle que nos péchés lui dressent tous les jours. Ainsi, disait saint Augustin, ce n’est point de la rigueur de celle-là qu’il se plaint, mais la dureté et la pesanteur de celle-ci lui paraît insoutenable : « Cur me graviorum criminum tuorum cruce quam illa in qua pependeram afflixisti ? » (« Pourquoi m’as-tu affligé par la croix de tes crimes, plus grave encore que celle où j'avais été suspendu ? »)
Il savait que sa croix, tout ignominieuse qu’elle était, passerait du Calvaire — comme parle le même saint Augustin — sur la tête des empereurs. Il prévoyait que sa mort serait le salut du monde et que son Père rendrait un jour ses opprobres si glorieux qu’ils deviendraient l’espérance et le bonheur de toutes les nations. Mais dans cette autre croix où nous l’attachons nous-mêmes par le péché, qu’y a-t-il, et que peut-il y avoir pour lui de consolant ? Il y voit son amour méprisé, ses grâces rejetées, d’indignes créatures préférées au Créateur.
Si donc le soleil se cacha pour n’éclairer pas l’action barbare de ses ennemis qui le crucifièrent, de quelles ténèbres, pécheurs, ne devrait-il pas se couvrir à la vue de vos dérèglements et de vos excès ?
Louis Bourdaloue SJ

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