La vie de sainte Marie l'Égyptienne ✎
| 01 Saint-Trivier-sur-Moignans |
La vie de sainte Marie l'Égyptienne nous fournit une de ces preuves bien fortes ; l’histoire en est longue, nous n’en rapporterons que ce qui vient à notre sujet.
Cette fille, emportée par la légèreté de la jeunesse et par la violence des passions les plus effrénées, s’échappe de la maison de son père et s’en va à Alexandrie où elle s’abandonne pendant plusieurs années. Sans religion comme sans pudeur, elle se met à la suite d’une foule nombreuse de monde de toute espèce et de tout sexe, et arrive avec eux à Jérusalem à l’occasion de la fête de l’Exaltation de la Sainte-Croix.
Elle y vient moins pour adorer celui qui est mort sur ce bois sacré — sur lequel il a opéré le salut du monde et qu’on montrait au peuple en ce saint jour — que pour le rendre, en quelque sorte, le témoin de ses désordres. Mais, ô dessein incompréhensible de la miséricorde de Dieu ! Le jour qu’elle se présente à la porte de l’église, voilà une main invisible qui l’arrête. La foule des fidèles entre sans résistance ; elle seule ne peut avancer.
En vain elle essaye de se roidir : plus elle s’efforce, plus elle se sent repoussée. Elle implore l’assistance de ceux qui l’environnent, mais ces bras de chair ne peuvent rien pour la secourir. Enfin, elle lève les yeux au ciel ; rentrant en elle-même, elle comprend que ce sont ses péchés qui ont élevé entre elle et Dieu cette invincible barrière. Elle les déteste dans l’amertume de son âme. Elle se met sous la protection de la Mère de Dieu, refuge des pécheurs ; elle répand devant son fils adorable les larmes d’une sincère pénitence et, aussitôt, plus de résistance, plus d’obstacles.
Elle entre, elle adore la vraie Croix, elle confesse ses péchés, elle en reçoit l’absolution ; elle est admise à la communion de la divine Eucharistie. Et, sans tourmenter désormais sa conscience pour savoir si elle l'avait assez examinée, si elle s’est suffisamment expliquée, si elle a senti dans son cœur le trait de la contrition ou si on ne l’a pas trop promptement remise en grâce, elle goûte jusqu’à la mort les consolations et les joies d’une parfaite réconciliation avec Dieu.
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