C’est dans le coeur de l’homme que je devais régner, et j’avais bien le droit d’être son Roi et Seigneur puisque je l’avais créé et racheté

C’est dans le coeur de l’homme que je devais régner, et j’avais bien le droit d’être son Roi et Seigneur puisque je l’avais créé et racheté
40 Saint-Étienne-d'Orthe 
Non moins touchantes sont les plaintes adressées par le Sauveur à Sainte Brigitte : « J’ai voulu que mon corps pur de tout péché fût déchiré pour les péchés de tous, depuis la plante des pieds jusqu’au sommet de la tête et qu’il fut cloué à la croix. Il est maintenant immolé tous les jours sur l’autel, afin que l’homme m’aime davantage et se ressouvienne plus souvent des bienfaits dont je l’ai comblé. Mais maintenant je suis oublié de tous, négligé, méprisé et chassé de mon propre royaume comme un roi à la place duquel le larron infernal est élevé et honoré.
C’est dans le cœur de l’homme que je devais régner, et j’avais bien le droit d’être son Roi et Seigneur puisque je l’avais créé et racheté. Or il a enfreint la foi qu’il m’avait promise au baptême, il a violé et méprisé les lois que Je lui avais données, il aime sa propre volonté et
dédaigne de m’écouter. En outre il exalte le démon, ce pernicieux larron, et il lui a donné sa foi…il est donc juste et raisonnable qu’il expérimente sa tyrannie…Mais bien que je sois si méprisé, je suis si miséricordieux que quiconque me demandera pardon et s’humiliera, je lui pardonnerai toutes ses fautes, mais celui qui persistera à me mépriser, je le visiterai en ma justice, en sorte qu’il tremblera de peur à ma voix. » (Liv. Ier, ch. Ier.)
« Combien il y a maintenant dans le monde de gens de la même trempe que ceux qui me
crucifièrent. Ils m’attachent au bois par la volonté qu’ils ont de pécher ; Ils me flagellent par leur impatience, car ils ne veulent pas supporter une parole pour l’amour de moi ; ils me couronnent des épines de leur orgueil ; ils percent mes mains et mes pieds par le fer de leur endurcissement … Je suis assez puissant pour les écraser et tout le monde avec eux ; mais si je les écrasais, ceux qui resteraient me serviraient par crainte, tandis que c’est par amour qu’ils doivent me servir… Je mourrais certes de grand cœur, poussé par l’incomparable amour que j’ai pour l’homme, si cela était possible. » (Liv. Ier, ch. xxx.)

Sainte Brigitte. Cité par  Abbé Auguste Saudreau, o.p.
 
Les Divines Paroles ou ce que le Seigneur a dit à ses disciples dans le cours des siècles
chrétiens 1882

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