Sous l’écriteau qui bat la croix comme une enseigne. ✎
| 40 Arsague |
Les os semblent vouloir percer son torse maigre
Et l’éclair écarlate et la bise plus aigre
Prennent le deuil auguste et terrible du fort.
Une épine a troué sa paupière qui saigne,
Son côté bâille, il est bien seul, il est bien seul
Avec le firmament sans bornes pour linceul,
Sous l’écriteau qui bat la croix comme une enseigne.
Et le grand vent cingleur vient happer, en passant;
Les larmes de ses yeux emplis d’aube et de sang
Et les sueurs du front qu une auréole plombe ;
Et, sous l’ouragan rouge et sous le sang qui pleut,
Le roc fertilisé spontanément s’émeut :
Une rose surgit où chaque goutte tombe.
Edouard Michaud Vitrail
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