Vous qui versez des pleurs, je vous consolerai

Croix d'Ohnenheim (Bas-Rhin), illustrée par le sonnet La Tristesse de Marie : la Vierge inclinée sur le berceau devine déjà le Golgotha qui attend son Fils
 Ohnenheim 
Sonnet La Tristesse de Marie
 Vierge sainte pourquoi tandis que tu t’inclines
 Vers le berceau du Fils qui s’éveille à ta voix
 Tes yeux sont-ils plaintifs et sur ses mains divines
 Des pleurs mal retenus tombent-ils quelquefois ?

 Dans l’avenir lointain peut-être tu devines
 Le Golgotha sinistre et peut être tu vois
 Cet enfant au front calme, aux lèvres purpurines
 Pâle, entre deux larrons, cloué sur une croix.

 Élève tes regards vers un ciel plus prospère,
 Ô vierge, et tu verras le trône révéré
 Où ton Fils doit s’asseoir à la droite du Père,

 Le trône où retentit déjà ce mot sacré : 
Venez à moi vous tous dont le cœur désespère,
 Vous qui versez des pleurs, je vous consolerai.

 Prosper Blanchemain Poésies. P. 58


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