Je le vois sur la Croix, mon aimable Sauveur ✎
| 76 Quévreville-la-Poterie |
Je le vois sur la Croix, mon aimable Sauveur, accablé sous l'effort de son cruel Martyre :
Déjà la Mort, s'armant de toute sa rigueur,
Vient sur son divin Corps exercer son Empire.
De ses divers tourments, l'effroyable Grandeur,
Ne laisse pas douter que bientôt il n'expire ;
De ses yeux éclipsés la mortelle langueur
Fait bien voir qu'il se meurt, et qu'à peine il respire.
Le voilà donc réduit à ses derniers abois,
Sa force et son grand Cœur, tout lui manque à la fois ;
L'Amour sans cesse encor, le presse et le tourmente.
Ah ! Tyran inhumain, impitoyable Amour,
Ta barbare fureur n'est-elle pas contente ?
Un Dieu dans ce moment vient de perdre le jour.
Gabriel de Vendanges de Malepeyre (1624-1702)
Cinquante sonnets sur la Passion de Nostre-Seigneur, 1694, p. 55
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