Je vis qu’en la Croix seule était mon espérance
| 50 Rauville-la-Bigot |
Affamé d’être heureux, j’ai d’une ardeur profonde
Fatigué mon esprit et mon âme longtemps,
Demandant le bonheur aux succès éclatants,
Aux hommes, à l’amour, à la fortune, au monde.
J’ai trouvé les succès et l’amour inconstants ;
Les hommes sont divers et fuyants comme l’onde :
Sur eux ou sur soi-même insensé qui se fonde !
Le monde et la fortune ont des dons rebutants.
Trop tard je me tournai vers l’ordre légitime ;
Le bonheur était là, fruit de la vie intime.
Il m’apparut ; la mort prit soin qu’il durât peu.
Quand j’eus fait et refait ce cercle de souffrances,
Je vis qu’en la Croix seule était mon espérance :
Et j'embrassai la Croix, et je sentis mon Dieu.
Louis Veuillot.
Œuvres poétiques. La Croix, p. 403
Société Générale de Librairie Catholique. Victor Palmé Éditeur. Paris, 1878
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