Il priait pour ceux qui l’attachaient à la croix

 

Si donc vous êtes de l’école du Christ, pourquoi ne suivez-vous point votre Maître ?
46 Flaugnac 
…  La seconde considération sera celle de votre état de votre profession. N’êtes-vous pas chrétiens ? N’êtes-vous pas les disciples de Jésus Christ ? Regardez donc votre Maître et votre Chef ; voyez que de bien il faisait à ses ennemis. Il guérissait leurs malades, il les instruisait eux-mêmes, il les aimait, il avait soin de leur salut, il priait pour ceux qui l’attachaient à la croix. Le voyez-vous attaché à cette croix, tout sanglant, couvert de plaies, déchiré par ceux qu’il avait comblés de ses bienfaits et qui non contents de ces supplices, l’abreuvent d’outrages et en font l’objet de leurs risées, de leurs plus insultantes railleries ; ils branlent la tête disant : Il a sauvé les autres et il ne peut se sauver lui-même.  Et lui, ce doux Sauveur, que fait-il ? Il entend ces insulteurs et il les supporte avec patience et il prie pour eux son Père céleste : Père, pardonnez- leur ! Et vous, sous ses yeux, vous rechercheriez la vengeance ? Quel front ! quelle audace ! Et qu’avez-vous souffert de semblable, je vous le demande, de la part de vos ennemis ? Ah ! chrétiens, jetez les yeux sur la face de votre Christ, regardez les disciples de ce même Maître, les apôtres et les martyrs. Que de travaux, que de sueurs pour être utiles à ceux qui les maltraitaient ! Comme ils les instruisaient ou du moins comme ils désiraient éclairer leurs persécuteurs ! Si donc vous êtes de l’école du Christ, pourquoi ne suivez-vous point votre Maître ?

Saint Thomas de Villanueva

Œuvres de Saint Thomas de Villeneuve, Religieux augustin et Archevêque de Valence traduites du latin par le père V. Ferrier, Tome II Sermons pour le Vendredi après les Cendres.  pp 52s  Paris, Lethielleux,1866


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