Elle apparut enfin, l’étoile du mystère ✎
| 87 Oradour-sur-Vayres |
Dans l’obscur firmament brillante et solitaire.
Des fils que j’ignorais, heureux contemplateurs,
Ont vu briller aux cieux ces feux révélateurs.
Emportant les trésors de l’antique Palmyre.
Symboliques présents, l’or, l’encens et la myrrhe,
Tranquilles précurseurs d’un Orient Nouveau.
Ils allèrent du Christ adorer le berceau.
Mon cœur inattentif s'en aperçut à peine :
De ces rois du désert la foi calme et sereine
Me paraissait folie, et ce Dieu nouveau-né,
Pauvre et chétif enfant que l’enfer déchaîné
Persécutait déjà dans les bras de sa Mère,
Ne me semblait qu’un rêve, une idylle éphémère.
Je le revis bientôt, pleurant dans son exil.
Et tandis qu’il passait sur les rives du Nil,
On entendait, dit-on les idoles géantes,
Lourdes, tomber aux pieds de leurs hiérophantes.
Aux confins du désert, sombres et ténébreux,
Les vieux sphinx de granit s’interrogeaient entre eux.
De ces signes divins méprisant la largesse,
Et m’obstinant toujours dans ma vaine sagesse,
Des peuples étonnés je raillais les effrois.
Enfin, sur le Calvaire, on vit briller la Croix,
La Croix, du sang du Christ encore purpurine
Avec l’inscription juive grecque et latine,
La Croix, de ses douleurs humble et doux instrument,
La Croix, de son triomphe, éternel monument.
Edmond Bouvy (des Augustins de l’Assomption)
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