L’ancien sacrifice prophétique de l’agneau

Se faisant lui-même sacrificateur et sacrifice, prêtre et victime, le vrai Moïse immolant l’agneau de Dieu qui seul efface les péchés du monde.
48 Lasbros, Peyre-en-Aubrac. Photo :MG

 Voulant donc montrer que ni les obstacles naturels ne sauraient borner sa puissance, ni les crimes des hommes arrêter sa miséricorde et en vertu de cette sagesse par laquelle il prévoit tout, de cette indépendance par laquelle il dispose de tout selon sa volonté, il résolut de prévenir le sacrifice de la croix et avant de l’accomplir d’une manière solennelle et publique, il voulut le réaliser d’une manière mystérieuse et cachée : il s’immola vraiment pour nous par une immolation invisible mais réelle, dans un secret plus sévère et plus profond que le secret du temple, sur un autel plus précieux que l’autel d’or placé dans le sanctuaire, se faisant lui-même sacrificateur et sacrifice, prêtre et victime, le vrai Moïse immolant l’agneau de Dieu qui seul efface les péchés du monde. Or quand et où le Christ a-t-il accompli ce grand mystère ? C’est au cénacle, c’est lors qu’il donna à ses disciples son corps à manger, son sang à boire. Oui, ce fut alors qu’il déclara par le fait que l’ancien sacrifice prophétique de l’agneau a reçu dans ce mystère son accomplissement et sa perfection.
RP Ventura de Raulica

Conférence sur l’Institution de l’Eucharistie, p. 93
Conférences, sermons et homélies sur les principales fêtes de l'année

Paris, Vaton Ed. 1865

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