Par le poids infini de son divin amour. ✎
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| 81 Saussenac |
Avec des chaînes d’or l’éloquence et l’oracle
D’un Hercule tenait les humains attachés :
Mais le signe exalté par l’Empereur Héraclès
Tient nos sens par ses clous dedans la Croix fichés.
C’est ce qu’avait prédit le Verbe salutaire
En parlant de sa Croix, et de sa sainte foi ;
Si je suis exalté sur le mont de Calvaire,
J’attirerai soudain toutes choses à moi.
Un Orphée jadis au doux son de sa lyre,
Attirait, ce dit-on, les rochers les bois :
Mais d’une autre façon le grand Orphée attire
Les rochers de nos cœurs au doux son de sa Croix.
C’est l’aimant de notre âme ou plutôt notre Pôle,
Qui tire les pécheurs touchés de sa vertu,
Et par l’ambre divin de sa sainte Parole
Tire tout comme l’ambre attire le fétu.
C’est le centre sacré dont la circonférence
Tout le monde comprend et passe infiniment :
Le principe éternel et fin de toute essence
Qui rejoint toute chose à son commencement.
C’est l’Archimède saint qui sa machine fonde
Et enlève la terre auecques son contours
Et avec sa statère emporte tout le monde
Par le poids infini de son divin amour.
Mais si la Vierge est plus que toute créature
Et s’il tire la Vierge à sa croix après luy ;
Se faut-il étonner que l’Autheur de nature
Attire doucement tout le monde aujourd’huy ?
Il me semble que j’oy ces mots de votre bouche :
L’homme est un petit monde et je le tire bien :
Je le tire par grâce, et l’appelle et le touche :
Mais quiconque ne suit, en un mot ce n’est rien.

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