La croix du Dieu qui meurt pour notre humanité ✎
| 82 Grisolles |
Dolorosa ! Pourquoi ton étrange harmonie
Triste comme une fleur jaune de mimosa
M’a-t-elle étreint le cœur des affres d’agonie
Quand j’écoutais tes sons pleurants, Dolorosa ?
Serait-il dans ce mot de brume et de mystère
Je ne sais quoi d’humain dont mon cœur a frémi,
Une note qui sonne en l’âme solitaire
Y réveillant l’écho de douleur endormi ?
Comme le Jeudi saint où les cloches s’envolent
Tes voyelles ont des frissons d agonisants,
L’accent plaintif et doux d’oiseaux qui se désolent
Et le râle des flots qui battent les brisants.
Dolorosa ! Je vois se dresser au Calvaire
La croix du Dieu qui meurt pour notre humanité
Et j’entends les sanglots farouches de la terre
Depuis l’éternité jusqu’à l’éternité.
Camille LÉGER Dolorosa
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