Cette pesanteur écrasante, le Christ la soulève à notre place
| 12 Vabres-l'Abbaye |
Au moment de la pesante solitude, de l’impuissance radicale de l’humain naturel, l’humble acceptation de soi-même incline l’homme à déposer son être tout entier au pied de la Croix ; alors brusquement, cette pesanteur écrasante, le Christ la soulève à notre place : “ Apprenez de Moi que mon joug est aisé et mon fardeau léger ”.
Le “ fiat ” jaillit : “ que ta volonté soit faite ” ; je l’accepte comme la mienne propre ; j’y déchiffre ce que Dieu a pensé de moi ; j’y reconnais mon destin. L’homme est décentré de lui-même, rendu léger et allègre : “ Je suis la servante du Seigneur ” ; “ L’ami de l’Époux est ravi de joie en entendant la voix de l’Époux ; et c’est là ma joie qui est parfaite ” (saint Jean 3, 29).
L’homme ne peut que dire : “ Tout est en Toi, Seigneur ; je suis à Toi, reçois-moi ”.
Sans pouvoir encore tout comprendre, l’homme saisit plus qu’il ne lui en faut pour le moment. Le destin retrouve la fraîcheur d’une existence acceptée et aimée.
Ce n’est qu’après cette “ seconde naissance ”, cette “ Pentecôte ” personnelle, que la vie spirituelle proprement dite commence.
Paul Evdokimov
La nouveauté de l’Esprit
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