Et c’est pour vous, mon cher frère ✎
| 30 Lussan |
Ce Sauveur accablé de tristesse, d’ennui, de frayeur et réduit à une agonie mortelle, eut recours son père en lui disant : « Mon père que volonté soit faite et non pas la mienne » lorsqu’il se vit attaché sur la croix, les mains et les pieds percés de clous, il se contenta de dire : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’avez délaissé ? » Et c’est pour vous, mon cher frère, qu’il a souffert avec un très grand amour les douleurs et les ignominies d’une passion si remplie d’amertumes. Souffrez donc à son exemple avec une sainte et invincible patience et attendez en silence le temps où il plaira au Tout-Puissant de vous délivrer. Soyez assuré que, quand il paraîtra au jour de ses vengeances, il n’examinera pas si vous avez eu beaucoup de consolations intérieures mais si vous avez été fidèle à le servir et à l’aimer.
Louis de Blois
Le Directeur des âmes religieuses
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