Combien sainte Madeleine de Pazzi appréciait la communion

Elle fut visitée et enivrée, la terre du Calvaire par le sang de Jésus Christ
13 Mouriès. Photo : GF

 Sainte Madeleine de Pazzi demandant un jour à une novice quelles étaient les pensées qui l’avaient occupée pendant sa communion, elle répondit : J’ai médité sur l’amour de Jésus. Vous avez sagement agi, reprit la sainte, cependant il ne suffit pas d’y réfléchir pendant quelques instants, la pensée de l’amour de Jésus tel qu’il se révèle, surtout dans la sainte Eucharistie, doit désormais être votre pensée de prédilection. La même sainte avait coutume de dire : Lorsque l’âme a reçu le pain de vie dans le très saint Sacrement de l’autel alors qu’elle est unie d’une manière si intime avec Jésus Christ, oh ! que c’est avec juste raison qu’elle s’écrie : Tout est consommé ! Dans cette céleste nourriture tout est rassemblé, là tous les désirs sont satisfaits là et accomplis en Dieu. Pourrait-elle demander autre chose cette âme qui porte dans son sein l’Auteur de toutes choses ? Si elle désire la charité, en elle repose le Dieu de la charité. La foi ? l’espérance ? l’humilité ? Toutes les vertus des anges sont-elles l’objet de ses soupirs ? Eh bien, après avoir mangé ce pain des anges, elle possède en elle Jésus-Christ qui fait croître et fleurir toutes ces vertus. Que peut-elle vouloir de plus ? elle possède avec le Dieu admirable toutes les vertus, tous les dons célestes, toutes les grâces, tous les trésors des cieux ! Car c’est en vérité Celui-là même qui est assis à la droite de son Père dans le ciel et duquel il est dit : En lui sont renfermés tous les trésors de la sagesse et de la science de Dieu ! Oh quel grand bonheur pour l’âme que d’avoir en soi et de posséder réellement le vrai Dieu ! Oh c’est alors qu’elle peut s’écrier avec raison : Tout est consommé ! Vous avez visité la terre s’écrie le prophète et vous l’avez enivrée ! Oh que cela est vrai qu’elle a été visitée de Dieu du haut du Calvaire par la grande effusion du sang du Rédempteur et ce n’est pas étonnant qu’ elle ait été enivrée par la puissance de ce sang quoi qu’elle fût bien insensible, car aucune langue ne peut suffire à rendre grâces pour un tel bienfait ! Elle fut visitée et enivrée, la terre du Calvaire par le sang de Jésus Christ : oui, oui, mais la terre de notre cœur a été enivrée d’amour divin par l’effusion du sang précieux ! Et comme ceux qui ont bu du vin en trop grande quantité dominés par son énergie sont ivres et poussent fréquemment des paroles ardentes de même l’âme enivrée de ce sang généreux sent monter à sa bouche les louanges di vines et les actions de grâces qu’elle adresse à son Créateur et si grande est la véhémence de l’amour qui règne dans son cœur que sa langue prononce sans cesse des paroles saintes et édifiantes : Eructavit cor meum verbum bonum Oh qu’il est doux cet enivrement ! Oh quelle agréable ivresse que celle qu’opère le sang de mon Jésus ! Oh que n’en suis-je toujours ivre, car je sentirais brûler sans cesse dans mon cœur cet ardent incendie d’amour divin et me mettant peu en peine de paraître folle et extravagante par amour je m’écrierais : Ô amour ! ô sang ! ô sang ! ô amour ! « Ô amour de mon Dieu ! ô amour ! faut-il que l’Amour ne soit pas aimé ni même connu de ses propres créatures ! Ô mon Jésus que n’ai-je une voix assez forte pour me faire entendre jusqu’aux extrémités du monde ! Je publierais partout que cet amour doit être connu, aimé, estimé comme le seul vrai bien !  Ô amour, amour, si vous ne savez où loger venez à moi et je vous donnerai une demeure ».

Jean-Joseph Huguet

Dévotion à la sainte Eucharistie en exemples pp;198-200. Périsse frères lib., Paris, 1862

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