La croix qui fermait le paradis devient une échelle dressée vers le ciel

Croix de Caubous, Hautes-Pyrénées : « La croix issue de l'arbre terrible de la science du bien et du mal, arrosée du sang divin, reprend en arbre de vie », selon Mgr Philarète
65 Caubous

Avant que le Fils de Dieu incarné prît et portât sa croix, cette croix appartenait aux hommes. À son origine elle fut faite du bois de l'arbre de la science du bien et du mal. Le premier homme pensait ne faire que goûter du fruit de cet arbre, mais à peine y eut-il goûté que l'arbre défendu avec toutes ses branches et tous ses rejetons croula de tout son poids sur le corps du violateur de la défense divine. Les ténèbres, l'affliction, la terreur, les fatigues, les maladies, la mort, la misère, l'humiliation, l'inimitié de toute la nature, toutes les puissances destructives en un mot, comme déchaînées de l'arbre fatal s'armèrent contre lui et l'enfant de colère eût été précipité pour toujours dans les enfers si la Miséricorde dans ses conseils éternels ne lui eût tendu les mains et ne l'eût soutenu dans sa chute. Le Fils de Dieu prit sur lui le fardeau qui écrasait l'homme ; il fit sienne la croix de l'homme et ne lui laissa qu'à suivre cette croix, non pas sans doute pour aider le Tout Puissant à soutenir le fardeau, mais pour que lui-même, avec la petite croix qui restait son partage, se trouvât encore porté par la vertu de la grande croix comme la nacelle qu'entraîne le sillage du navire. Ainsi la croix de colère se transforme en croix d'amour, la croix qui fermait le paradis devient une échelle dressée vers le ciel, la croix issue de l'arbre terrible de la science du bien et du mal arrosée du sang divin reprend en arbre de vie. Le Fils de Dieu revêt notre nature et consacre en lui-même, par les souffrances, l'auteur de notre salut ; il est éprouvé de toutes les manières et il vient en aide à ceux qui sont éprouvés ; il marche portant sa croix et il conduit à la gloire ceux qui le suivent.

Mgr Philarète. Choix de sermons et discours, volume 1, p. 20-21. Dentu Libraire Éditeur, Paris, 1866.

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