L'homme alors s’arme de la croix ✎
| 64 Mouguerre |
Le Sauveur Jésus me
dit un jour : « La fille de Pharaon étant venue se baigner
dans le Nil, aperçut, exposé sur l’eau, un enfant si beau,
qu'elle le prit et le fit élever à la cour de son père.
Cet enfant grandit, devint un homme fort et vigoureux et délivra
les enfants de Jacob, ses frères, de la servitude des Pharaons.
Pour quitter l’Égypte, il dut traverser la mer avec le peuple qu'il
conduisait. Il étendit sa baguette sur les eaux, et elles s’arrêtèrent
pour laisser un passage aux Israélites. Quand tous eurent atteint
le bord, il étendit de nouveau sa baquette et les eaux reprirent
leur cours, ensevelissant toute l’armée des Égyptiens qui
s’étaient mis à la poursuite des Israélites.
« La fille de Pharaon
qui va se baigner dans le Nil est l’image des pécheurs convertis,
qui, venant se baigner dans les eaux salutaires de la pénitence,
y trouvent la charité qui est plus belle de beaucoup que l’enfant
exposé.
« Le pécheur
converti prend la charité, la place dans son cœur, au milieu de
ses passions; il l’élève, il la fait croître et grandir,
il la défend contre elles, comme la fille de Pharaon défendait
son protégé contre les Égyptiens qui se trouvaient
à la cour de son père. La charité croît, se
fortifie, et délivrant l'âme de ses passions, elle la tire
de l’Égypte, figure du monde, pour lui faire embrasser la vie religieuse;
ou bien de la vie de dissipation et de péchés, pour la mener
au désert, c'est-à-dire pour la faire vivre d'une vie tout
intérieure et retirée en Dieu. Mais, pour arriver au désert,
il faut traverser la mer Rouge, image de la mortification. L'homme alors
s’arme de la croix, et le passage de cette mer devient facile et aisé.
« Quand l'âme
se trouve ainsi délivrée; quand elle a atteint le sol de
la terre de sûreté, elle étend de nouveau la croix
avec reconnaissance pour rapporter tout à Dieu; et les passions,
les tentations, et Satan lui-même se trouvent désormais sans
force ni puissance contre cette âme qui poursuit son chemin vers
la terre promise, le ciel. »
Sœur Marie Lataste
Livre Treizième. Le passé figure de l’avenir. Ch. 2
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