Ô mystère d'amour ✎
| 64 Arthez-de-Béarn |
Certes, à l'entrée de la sombre voie de ses abaissements au terme de laquelle se dressait la croix du Calvaire, le Fils de Dieu aurait pu dire à son Père "Suis je le gardien de cette race corrompue et rebelle qui t'oublie et t'outrage ?" Il aurait pu le dire et rester dans la gloire et la lumière qui l'entouraient dès le commencement. Ce qu'il a dit, vous le savez, mes frères. Vous l'avez entendu à Bethlehem, à Nazareth, en Gethsémané, à Golgotha. Vous l'avez vu, ce Roi des rois, revêtant avec notre chair mortelle toutes les humiliations de la pauvreté ; vous l'avez vu se chargeant de nos douleurs et de nos angoisses, vous l'avez vu, ô mystère d'amour, s'identifiant tellement à l'humanité coupable qu'il a pris sur lui le poids de ses crimes, toute l'horreur de sa condamnation.
Sur la croix vous avez entendu cette parole extraordinaire : Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m'as tu abandonné ? Oui, les conséquences de notre révolte, lui le Saint et le Juste, il les a connues. Aussi à la vue de sa croix le cœur des pécheurs a frémi. Sur cette croix l'homme coupable a reconnu son représentant. Le sang du Crucifié c'est pour nous qu'il coule. C'est là nous dit l'épître aux Hébreux le sang de l'aspersion qui annonce de meilleures choses que celui d'Abel.
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