Il est doux pour l'homme de s'humilier avec la majesté souveraine

 

Orthez, Croix
64 Orthez

Guillaume ne nous dit rien de la nature de la grâce. II la présente comme l'aide divine nécessaire : elle « meut », « promeut » la volonté ; elle « éclaire », « illumine » l'intelligence. Dans la pensée de Guillaume, cette grâce, mise à notre disposition pour reconquérir la ressemblance, se rattache à la Rédemption de Jésus-Christ. « Dieu s'est humilié jusqu'à la mort et à la mort de la croix (Philipp. II, 5) pour élever l'hymne jusqu'à la ressemblance de la divinité. Au surplus, le Christ se présente à la méditation de celui qui tend à la perfection, comme l'exemplaire de la parfaite ressemblance à laquelle il aspire. Il faut que l'amour de l'homme grandisse et arrive à quelque ressemblance avec l'amour par lequel Dieu s'est rendu semblable à l'homme en s'humiliant dans la condition humaine, afin de rendre l'homme semblable à Dieu. Alors, il est doux pour l'homme de s'humilier avec la majesté souveraine, d'être pauvre avec le fils de Dieu, d'être semblable à la sagesse divine et d'éprouver en lui-même les sentiments qui animaient notre Seigneur Jésus-Christ.

Guillaume de Saint-Thierry  

Un Traite de la Vie Solitaire, Epistola Ad Frates de Monte Dei
 Ed. de Marie-Magdeleine Davy.

Paris, Vrin, 1946

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