Il est doux pour l'homme de s'humilier avec la majesté souveraine ✎
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Guillaume ne nous dit rien de la nature de la grâce. II la présente comme l'aide divine nécessaire : elle « meut », « promeut » la volonté ; elle « éclaire », « illumine » l'intelligence. Dans la pensée de Guillaume, cette grâce, mise à notre disposition pour reconquérir la ressemblance, se rattache à la Rédemption de Jésus-Christ. « Dieu s'est humilié jusqu'à la mort et à la mort de la croix (Philipp. II, 5) pour élever l'hymne jusqu'à la ressemblance de la divinité. Au surplus, le Christ se présente à la méditation de celui qui tend à la perfection, comme l'exemplaire de la parfaite ressemblance à laquelle il aspire. Il faut que l'amour de l'homme grandisse et arrive à quelque ressemblance avec l'amour par lequel Dieu s'est rendu semblable à l'homme en s'humiliant dans la condition humaine, afin de rendre l'homme semblable à Dieu. Alors, il est doux pour l'homme de s'humilier avec la majesté souveraine, d'être pauvre avec le fils de Dieu, d'être semblable à la sagesse divine et d'éprouver en lui-même les sentiments qui animaient notre Seigneur Jésus-Christ.
Guillaume de Saint-Thierry
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