Pour étreindre tout l'horizon du monde.

le mystère d'un Dieu qui meurt pour sauver
IT Lonate Pozzolo-VA. Photo : DL

Les deux branches de l'arbre qui forment la croix, élaguées de leurs feuilles et de leurs fruits, liées l'une à l'autre pour soutenir un supplicié, dessinent déjà à elles seules le squelette d'un paradoxe : une branche dont un côté s'enfonce dans la terre tandis que l'autre s'élance vers le ciel ; une branche dont les bras semblent s'élargir démesurément pour étreindre tout l'horizon du monde. Leur intersection, destinée à marquer l'ignominie des malfaiteurs, rappelle depuis deux mille ans le mystère d'un Dieu qui meurt pour sauver, d'un messie vaincu, renié, cloué, qui offre sa vie pour secourir. « L'arbre qui nourrit, tue. L'arbre du supplice sauve », écrit Simone Weil, qui observe qu'un arbre couvert des fruits de la vie occupe l'arrière-plan de la scène de la tentation et de la faute, tandis que le bois sec destiné aux condamnés est porteur des germes de résurrection.  

Enzo Bianchi, Gabriella Caramore

Les paradoxes de la Croix

 

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