Pour étreindre tout l'horizon du monde. ✎
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| IT Lonate Pozzolo-VA. Photo : DL |
Les deux branches de
l'arbre qui forment la croix, élaguées de leurs feuilles et de leurs fruits,
liées l'une à l'autre pour soutenir un supplicié, dessinent déjà à elles seules
le squelette d'un paradoxe : une branche dont un côté s'enfonce dans la terre
tandis que l'autre s'élance vers le ciel ; une branche dont les bras semblent
s'élargir démesurément pour étreindre tout l'horizon du monde. Leur
intersection, destinée à marquer l'ignominie des malfaiteurs, rappelle depuis
deux mille ans le mystère d'un Dieu qui meurt pour sauver, d'un messie vaincu,
renié, cloué, qui offre sa vie pour secourir. « L'arbre qui nourrit, tue. L'arbre
du supplice sauve », écrit Simone Weil, qui observe qu'un arbre couvert des
fruits de la vie occupe l'arrière-plan de la scène de la tentation et de la
faute, tandis que le bois sec destiné aux condamnés est porteur des germes de résurrection.

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