Las d'avoir tant cherché l'amour qui seul demeure ✎
| 40 Créon-d'Armagnac |
L'iniquité fut ma maîtresse. Et me voilà.
Tes yeux que le Péché de l'univers scella
Me brûlent de leurs pleurs de sang. Quoique tu l'aies
Senti mettre ses mains cruelles dans tes plaies,
O Seigneur, prends enfin en pitié ton enfant !
Son cœur comme un vitrail qu'on étoile se fend.
Sois-lui clément, permets le retour du prodigue ;
Rends l'eau du ciel à la citerne, et que la figue
Encor pèse aux rameaux du figuier desséché !
Ah ! ne le laisse pas mourir dans son péché ;
Cet errant qui s'enlace à ta croix et qui pleure,
Las d'avoir tant cherché l'amour qui seul demeure.
Charles Guérin
Le Semeur de cendres, Mercure de France
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