Nous n’avions pas en nous la possibilité de vivre

Villefranche de Rouergue Croix
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Qui est le Christ, sinon ce que dit l’Écriture : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu » ? Ce Verbe de Dieu « s’est fait chair, et il a habité parmi nous ». Il n’avait pas en lui de quoi mourir s’il n’avait pas tiré de nous une chair mortelle. C’est ainsi que l’Immortel put mourir, c’est ainsi qu’il a donné la vie aux mortels. Plus tard, il leur donnera d’avoir part avec lui, eux dont il a d’abord partagé la condition. Car nous n’avions pas en nous la possibilité de vivre, et lui, il n’avait pas en lui celle de mourir. Il fit donc avec nous un admirable échange de participation réciproque : ce qui était nôtre, il en est mort ; ce qui est sien, nous en vivons. Il a pris chez nous la chair qui lui permettait de mourir, celle-là même qu’il nous a donnée, puisqu’il en est le Créateur. Mais la Vie par laquelle nous sommes vainqueurs en lui et avec lui, il ne l’a pas reçue de nous. C’est en raison de notre nature d’homme qu’il est mort, et non en raison de la sienne. Car de par sa nature divine, il ne peut absolument pas mourir. Mais il est mort en raison de sa créature qu’il a faite en tant que Dieu, puisque c’est lui qui a fait la chair dans laquelle il est mort. Par conséquent, non seulement nous n’avons donc pas à rougir de la mort de notre Seigneur Dieu, mais nous devons nous en glorifier avec la plus grande confiance.

Saint Augustin

La Passion du Christ, notre fierté

Traité sur la Passion du Seigneur

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