La puissance et la gloire au sein de l’humiliation

✎

Croix du Col de la Colombière au Reposoir, Haute-Savoie : « Un Dieu couronné de gloire et de puissance parce qu'il meurt, voilà ce qu'il n'est pas donné à l'homme de comprendre ! », selon Pierre-Étienne Bonnevie
74 Le Reposoir. Croix du Col de la Colombière. Photo : GF
 Un Dieu couronné de gloire et de puissance parce qu’il meurt, voilà ce qu’il n’est pas donné à l’homme de comprendre ! Ne soyons donc pas surpris que cet impénétrable mystère ait scandalisé les Juifs et provoqué les railleries de l’orgueilleuse gentilité : de si étonnantes choses n’avaient pas encore été révélées au monde et il devait passer pour un visionnaire celui qui dit pour la première fois : « Nous avons vu un Dieu couronné par sa mort de gloire et de puissance ». Vidimus Jesum propter passionem mortis gloria et honore coronatum. Chrétiens, il fallait être bien sûr de la divinité de sa mission pour commencer son apostolat par des paroles qu’aucune oreille n’avait encore entendues. Vous adorez un Jupiter armé de la foudre ; et moi je vous commande d’adorer un Jésus crucifié. On l’a traité en esclave, on l’a rassasié d’opprobres, il a fini du supplice des criminels, mais il a trouvé la puissance et la gloire au sein de l’humiliation. Sa couronne d’épines est un diadème, son roseau, un sceptre ; sa croix, un trône. Vidimus Jesum propter passionem mortis gloria et honore coronatum. Une croyance si extraordinaire et si nouvelle devait susciter à la croix une foule de contradicteurs. Mais, dit l’apôtre, si la morale de la croix n’est que folie pour ceux qui courent à leur perte, qu’elle a de force et de vertu pour ceux qui se réfugient dans ses bras ! Aussi les premiers chrétiens vivaient en quelque sorte sur la croix brûlant de la sainte avidité d’en partager les rigueurs avec Jésus ; ils savaient qu’enfantés par lui sur cet arbre de salut ils devaient y demeurer avec lui, que relégués dans cette vallée d’amertumes, la croix était le seul objet qui fût digne de leur amour, qu’errants sur cette mer orageuse, la croix était le seul astre qui pût diriger leur course. Comme l’apôtre ils voyaient en Jésus un Dieu couronné par sa mort de gloire et de puissance : Vidimus Jesum propter passionem mortis gloria et honore coronatum.

Pierre-Étienne Bonnevie, Sermon II
Collection intégrale et universelle des orateurs sacrés, deuxième série, tome 11, p. 497, Migne, Paris, 1856

Découvrez d'autres croix de Haute-Savoie

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

L'Église née du côté du Christ — Croix de Heiteren, Haut-Rhin

Pain de Vie à la table du Christ — Croix de Saint-Jean-de-Laur, Lot

Sanglant et pardonnant toujours — Pasarón de la Vera, Espagne