Pour guérir tout cela, que peux-tu, Enfançon ?

✎

 

C est moi pauvres esclaves qui suis votre Sauveur Vos maux je les savais quand ils vous ont frappés je voyais tout de là haut et je dis à mon Père Ce qu ils souffrent je le veux souffrir A cette heure le monde attend laissez moi descendre sur la terre mon Père laissez moi mourir
65 Tournay
 

–  Nous sommes accablés de maux, nous sommes chargés de chaînes
Pour guérir tout cela, que peux-tu, Enfançon ?
Et pourtant si tu étais Dieu, ce te serait facile...
Fais voir si tu l’es ou non !  


Aussitôt la Vierge Marie
Dans la crèche prend le Messie :
Les esclaves tombent à genoux.

– C’est moi, pauvres esclaves, qui suis votre Sauveur
Vos maux je les savais ; quand ils vous ont atteints
Je voyais tout de là-haut, et je dis à mon Père :
Ce qu'ils souffrent, je le veux souffrir !
À cette heure le monde attend ;
Laissez-moi venir sur la terre, Mon Père,
Laissez-moi mourir !


 Me voilà ! Je suis venu porter vos misères
Et de votre douleur manger le pain noir
Je suis venu vous signer du même baptême,
Du baptême de mon sang !
Mais attendez que je grandisse
Pour qu’un jour, homme, je pâtisse
Ce que je ne peux, encore enfant."

– Aussi bien je mourrai au milieu de deux larrons ;
Sur la croix des esclaves je mourrais cloué ;
Pour mère, sur ma croix, je vous donnerai ma mère :
Nous serons comme frères de lait." 


Et les esclaves pleurèrent de joie
Et dans l’étable ils crièrent :
"César, à toi de trembler".

Théodore Aubanel

L’Entrelusido, Avignon, 1852.

http://www.biblisem.net/meditat/aubaescl.htm

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

L'Église née du côté du Christ — Croix de Heiteren, Haut-Rhin

Pain de Vie à la table du Christ — Croix de Saint-Jean-de-Laur, Lot

Sanglant et pardonnant toujours — Pasarón de la Vera, Espagne